
Avertissements
Nul n'a besoin d'absorber des psychotropes pour faire la fête, délirer, entrer en transe sur la musique, planer, faire des expériences mystiques, aimer les autres, communiquer ou avoir envie de partager, appartenir à un groupe, ou pour garder le sourire...
Cette page vise à informer le plus objectivement possible des effets de l'Ecstasy. Son objectif est de prévenir l'usage, mais également de responsabiliser les usagers dans le but de prévenir les accidents (limiter les risques). En aucun cas elle n'a été conçue pour inciter à la consommation.
Que dit la loi ?
L'ecstasy est considérée comme un stupéfiant. En France, l'acquisition, la possession, l'usage, la production, le transport, la cession (même à titre gratuit) et la vente de stupéfiants sont prohibés par le Code de la Santé Publique et le Code Pénal.
L'Esctasy, c'est quoi ?
Ce que l'on appelle ecstasy (ou Ecsta, XTC, X, "Xe", Taz, plomb...), c'est la MDMA (Méthylène-dioxy-métamphétamine), molécule synthétique appartenant à la famille des amphétamines. L'Ecstasy se présente généralement sous forme d'un cachet de couleur avec un petit motif (parfois aussi sous forme de gellules de mdma, voir de cristaux de mdma). D'autres produits ressemblent à la MDMA (la MDA, la MDEA) : leurs effets psychotropes en sont proches mais la MDA provoque plus facilement de pénibles tensions musculaires, généralement au visage et plus particulièrement aux mâchoires. Mais un produit vendu sous le nom d'Ecstasy peut aussi contenir une amphétamine, de la Kétamine, ou beaucoup d'autres produits de coupe (antidépresseur, analgésique,caféine, morphine, sédatifs, hormones, aspirine, sucre...). Le prix peut varié de un à une dizaine d'euros.
Ca fait quoi ?
A peu près 1/2 heure après l'absorption commence une période bizarre qui ne dure que quelques minutes (impression de flottement, parfois légère inquiétude). Puis s'installe un sentiment de bonheur, de bien-être physique et mental. La MDMA suscite un sentiment d'amour collectif, une profonde envie de partager. Elle favorise la communication entre les gens. Elle provoque un fort sentiment d'appartenir au groupe. Tous les sens sont exacerbés, en particulier le toucher. Le MDMA ne procure que très rarement des hallucinations visuelles, mais la notion du temps devient très incertaine. La MDMA ou la MDA ont souvent la réputation d'intensifier l'activité sexuelle. On appelle l'Ecstasy la pilule de l'Amour, mais il ne faut pas confondre Amour et Sexe ! En fait, la MDMA exacerbe la sensualité mais empêche généralement l'érection chez l'homme et l'orgasme masculin et féminin. La durée des effets est variable (de 3 à 7 heures) et dépend de la dose, de la personne et du contexte de consommation. S'amorce ensuite la fin de l'ivresse qu'il est nécessaire d'organiser, l'important étant sans doute de ne pas rester seul et d'avoir au minimum 24 heures de repos devant soi sans activités qui prennent la tête. A l'inverse, si le contexte ou l'environnement ne sont pas favorables, c'est une période où peut s'installer un moment dépressif.
C'est quoi les risques ?
La consommation de MDMA peut provoquer des complications médicales graves. Il ne s'agit pas de foutre la parano, mais simplement d'informer et d'indiquer des moyens de limiter ces risques.
L'une des principales causes d'accidents est liée à l'augmentation de la température du corps par la MDMA, et d'autant plus que la température ambiante est élevée, que l'effort physique est important, que les pertes d'eau sont mal compensées.
Tout cela peut entraîner des convulsions, une hyperthermie maligne dont les conséquences sont plus ou moins graves, parfois mortelle. Il faut donc boire de l'eau régulièrement (ne pas boire de grande quantité d'un coup), porter des vêtements amples, faire des pauses et s'aérer pour prévenir la déshydratation. Tu limiteras du même coup la toxicité au niveau des reins. En cas de déshydratation ou de fièvre, il est impératif de boire de l'eau salée.
L'autre principal risque d'accident posé par la prise de MDMA étant les troubles du rythme cardiaque, il est certain que quelqu'un qui a déjà un problème cardiaque voit les risques de complications multipliés. Il existe aussi une toxicité de la MDMA au niveau du foie, sans trop qu'on sache dans quelle mesure ni ce qui est en cause ; alors attention aux foies déjà malades : hépatites en particulier.
Une récente étude a démontré que plusieurs cas d'hépatites aiguës, mimant les hépatites virales aiguës (A, B, C ou D) étaient dus à la simple consommation d'Ecstasy (MDMA). Les auteurs de cette étude ont distingué trois formes " d'hépatotoxicité " : une forme grave, survenant immédiatement après la prise, qui associe état de choc, hyperthermie, une atteinte musculaire, et une hépatite grave. Une autre forme, plus tardive (15 jours après la prise), pouvant nécessiter une transplantation hépatite, sans déclencher pour autant fièvre, ni choc. La troisième correspond enfin à des périodes de jaunisse plus ou moins longues.
Des phénomènes vasculaires pourraient intervenir dans ces trois formes d'hépatites, notamment du fait l'augmentation importante de la température du corps et de la déshydratation consécutive à l'exercice physique intense en milieu fermé durant les raves ou les soirées en club. Il est important de préciser que dans cette étude, l'Ecstasy était la 2nde cause d'hépatite non virale chez les moins de 25 ans.
Enfin, plusieurs cofacteurs pourraient aussi intervenir tels que la prise d'alcool, la préexistence d'une hépatite virale, et les variation génétiques des mécanismes qui participent à la dégradation chimique de l'Ecstasy dans l'organisme.
Des cas de psychose, de crise de panique et de dépression ont été décrits, alors si tu te sens "limite" ou si tu as déjà eu des problèmes du genre, les risques de dépression sont également multipliés si tu gobes. Saches que la consommation rapprochée et répétée d'ecstasy peut entraîner une période de dépression sévère. La plupart du temps ce n'est que passager, mais cela peut occasionner une dépression chronique, une psychose...
Les traitements de l'infection du VIH (bithérapie, trithérapie…) incluent généralement un inhibiteur de protéase tel que le Ritonavir®. Il y a un risque important d'interaction entre ces antiprotéases et certains produits comme l'Ecstasy (MDMA) ou les autres amphétamines.
Le taux dans le sang de speed ou de MDMA ingéré, sniffé, ou shooté, peut alors être multiplié par deux ou trois. Les risques d'accidents liés à l'usage de ces drogues est donc multipliés d'autant. Attention à l'overdose…
Il est donc nécessaire, pour l'usager de ces produits suivant un traitement à base d'antiprotéases d'en informer son médecin pour qu'il puisse choisir le traitement le plus adapté. Le médecin, tenu au secret professionnel, n'est pas là pour dénoncer votre consommation à la police, mais pour vous soigner.
Enfin n'oublions pas que la MDMA est un dérivé d'amphétamine : elle fait oublier la faim et la fatigue. La consommation abusive peut aboutir à un véritable état d'épuisement et d'amaigrissement.
Pour plus d'informations:
www.drogues.gouv.fr : site officiel de la MILDT
Infos sur la politique française de prévention et de lutte contre la toxicomanie, questions-réponses anonymes...
