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Dernière mise à jour:11/08/07

 

 

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Héroïne

Héroïne

Avertissements


Nul n'a besoin d'absorber des psychotropes pour faire la fête, délirer, entrer en transe sur la musique, planer, faire des expériences mystiques, communiquer ou avoir envie de partager, appartenir à un groupe, ou pour garder le sourire...

Cette page vise à informer le plus objectivement possible des effets de l'héroine. Son objectif est de prévenir l'usage, mais également de responsabiliser les usagers dans le but de prévenir les accidents (limiter les risques). En aucun cas elle n'a été conçue pour inciter à la consommation.

_______________________________

Index des rubriques (Cliquer sur le chapitre, pour y arriver directement...)

1/ Un peu d’histoire…

2/ Production et Commerce

3/ L’héroïne c’est quoi, ça agit comment ????

4/ Modes de prises et effets …

5/ Risques généraux et spécifiques

6/ Mélanges

7/ Conseils de réduction des risques


__________________________________________

L’héroïne est un opiacé obtenu par synthèse à partir de la morphine, extraite du pavot. Le pavot à opium ou Papaver Somniferum est une plante qui est connue et utilisée par les sociétés humaines depuis plusieurs millénaires.

leur pavot

Papaver Somniferum ou Pavot à Opium.

L’héroïne (héro, dré, poudre, rabla, blanche, came, …) se présente généralement sous deux formes :

  • la brune (brown sugar) : c’est celle que l’on trouve en France le plus couramment. Sa couleur peut varier du blanc cassé au marron foncé. L’héroïne brune contient en fonction des pays entre 5 et 25 % de produit pur. L’analyse de cette substance révèle de nombreux produits de coupe, jusqu’à 97%, avec des produits pouvant être toxiques (strichnine, platre, …) ou non (caféine, lactose, glucose,…)

  • la blanche : plus rare en France, blanche ou légèrement rosé est généralement plus raffinée et plus pure. Elle est souvent coupée au lactose.

 

1/ Un peu d’histoire…

A/ Historique

Le pavot à opium serait originaire d’Asie Mineure mais pourrait également être originaire de la Méditerranée Occidentale. Son origine précise n’est pas établie. Quelque soit son origine géographique, le papaver somniferum a très tôt été intégré dans les échanges commerciaux. Les Sumériens (qui habitaient la région correspondant au sud de l’actuel Irak entre 5000 et 2000 avant J-C) faisait commerce de graines de pavot et opium à travers tout le bassin méditerranéen et ce jusqu’en Inde. C’est le long des Routes de la Soie puis via le commerce maritime chinois que l’Asie connue les premières diffusions de la plante.

Mais ce sont les Arabes d’abord et les Britanniques ensuite qui jouèrent les plus grands rôles dans le développement du commerce de l’opium et de la culture du pavot. Les arabes ont probablement le plus contribué à la diffusion du pavot et au savoir qui y est lié, via l’extension de leur empire (7 siècles après J - C). Le développement des puissances maritimes européennes, à la suite des grandes expéditions du 15 siècle, initia et posa les conditions du commerce mondial des drogues.

La plante narcotique fleurit désormais en Asie où le Triangle d’Or (Birmanie, Laos, Thaïlande) et le Croissant d’Or (Afghanistan, Iran, Pakistan) sont les deux espaces de productions illicites les plus importants. On trouve également des cultures illicites de pavot au Mexique et dans certains états andins (Amérique du Sud), déjà cocaïers. Par ailleurs on trouve des cultures licites de pavot pour l’industrie pharmaceutique, en Europe, Inde et Tasmanie.

 

B/ Découverte de l’héroïne

En Europe jusqu’au 19 siècle, on extrait du pavot : l’opium et de la morphine qui en est un dérivé. Opium et morphine sont les seuls médicaments analgésiques connus et utilisés par la médecine de l’époque. Ce fut Paracelse (1493-1541), considéré par certains comme le père de la médecine moderne qui reconnut le premier les propriétés thérapeutiques de l’opium, du moins en Occident. Il l’introduisit dans la pharmacopée moderne sous la forme du laudanum – teinture alcoolique d’opium. En 1806, le chimiste allemand Friedrich Serturner isola la morphine, un des alcaloïdes de l’opium. Il l’appela ainsi à cause du Dieu romain du sommeil, Morphée. La morphine fut immédiatement utilisée comme produit de substitution à l’opium, car on croyait qu’il n’y avait pas de dépendance. Lorsque qu’en 1850, la seringue hypodermique fut inventée, l’utilisation médicale de la morphine atteignit des sommets : elle permettait de soulager quasi immédiatement la douleur.

Toutefois le corps médical finit par s’inquiéter de la dépendance induite par la morphine. Des recherches furent entreprises pour éliminer les propriétés addictives de la morphine. C’est dans ce contexte que C.R Alder Wright découvrit en 1874 au Saint Mary Hospital de Londres, l’héroïne. Toutefois, les tests sur animaux de cette nouvelle substance ne furent pas concluants et Wright s’en arrêta là. Ce n’est qu’en 1897 qu’Heinrich Dreser, qui travaillait pour l’entreprise pharmaceutique Bayer, la trouva efficace pour le traitement des troubles respiratoires – tuberculose, bronchite, asthme. D’après Dreser, l’héroïne ne créait pas de dépendance et il était même question de l’utiliser pour le sevrage de la morphine. Rapidement, les médecins et pharmaciens attirèrent l’attention sur la dépendance de leurs patients à ce produit. En 1911, le British Pharmaceutical Codex nota que l’héroïne était aussi addictive que la morphine, et en 1913 Bayer en arrêta totalement la production.

 

C/ De la prohibition des opiacés en Occident

Au 19 siècle, les médicaments à base de morphine (découverte en 1806) ou d’opium étaient en vente libre, et leur usage était peu stigmatisé.

image

Publicité pour un sirop à base d'héroïne datant du 19 °siècle.

Des fumeries d’opium existaient en Europe et en Chine où les Britanniques gagnaient beaucoup d’argent sur le dos des fumeurs/fumeuses d’opium. Suite à des pressions étatiques et associatives, les Britanniques mirent fin au commerce de l’opium avec la Chine en 1907. Les Etats-Unis s’inquiétaient des consommations d’opium et au 19° siècle la dépendance aux opiacés était très répandue aux USA. En 1914, le Congrès Américain vota le Harrison Act qui stipulait que « toute personne qui produit, importe, fabrique, traite, fait le commerce, offre, vend, distribue ou donne de l’opium ou des feuilles de coca » doit posséder une licence et payer une taxe. La loi précisait que cette disposition ne s’appliquait pas aux médecins qui en délivrait ou prescrivait « dans le cadre strict de sa pratique professionnelle ». Le « cadre strict de la pratique professionnelle » excluait le traitement de la dépendance qui n’était pas considérée comme une maladie. Le Harrison Act entérina l’idée que les toxicomanes étaient des criminels, et le symbole même de la déchéance morale. Le Harrison Act loin de faire disparaître la consommation d’opium s’était contenté de la criminaliser. Si les premier-e-s toxicomanes américain-e-s avaient été initié-e-s aux opiacés par leur médecin, ce ne fut bientôt plus le cas. Les toxicomanes dont l’accès par des voies médicales aux opiacés avait été freiné, durent se rabattre sur le marché noir. L’héroïne était la drogue illicite parfaite car elle pouvait facilement être coupée, ce qui permettait aux trafiquants d’augmenter les bénéfices. (revenir en haut de la page)

 

2/Production et Commerce

On distingue plusieurs zones géographiques de production du pavot. La culture du pavot est soit légale pour alimenter l’industrie pharmaceutique en morphine, soit illégale pour en extraire de l’héroïne.

Concernant les cultures légales, c’est l’Australie qui était le premier producteur mondial en 1998, avec 51% de la production mondiale obtenue à partir de concentré de paille de pavot. Suivaient ensuite la Turquie (23%), la France (21%), et l’Espagne (4%).


pavot france

Champ de pavot à opium en France.

En France, le pavot à opium est cultivé en Champagne-Ardenne, dans le Centre et en Poitou-Charente. La culture de pavot à opium s’effectue légalement dans le cadre de la production de morphine pour l'industrie pharmaceutique. La localisation des quelque 10 000 hectares de pavot est tenue secrète et étroitement surveillée. La floraison, spectaculaire, a lieu au mois de juin, avant que les pavots ne sèchent sur pied et sont récoltés mécaniquement.

L’autre grand producteur de morphine légale est l’Inde, qui extrait de l’opium à partir des capsules de pavot et non de la paille de pavot. Les Etats-Unis sont le plus vaste marché mondial pour le pavot : en 1998, ils ont importé 38 tonnes de concentré de paille de pavot et 541 tonnes d’opium.

Quant aux cultures illégales, elles se situent dans le Triangle D’or (Birmanie, Laos, Thaïlande) et le Croissant d’Or (Afghanistan, Iran, Pakistan).

triangle et croissant d'or

Carte du Triangle d'Or et du Croissant d'Or.

A la fin des années 90, le Triangle d’Or et le Croissant d’Or fournissaient 97% de la production illicite d’opium. En 2005, L’ONU estimait que l’Afghanistan produisait à elle seule 4100 tonnes d’opium et représentait 87% de la production illicite mondiale. Au total, la production mondiale illégale d’opium s’élèverait à plus de 4700 tonnes. L'héroïne est exportée depuis l’Afghanistan via les frontières avec les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, elle se déverse par train, route ou air dans tout l'ensemble régional d'abord, en Europe et en Amérique du Nord ensuite. La principale porte de sortie de l’héroïne se trouve au nord de l’Afghanistan via le Tadjikistan qui possède plus d'un millier de kilomètres de frontières communes et très poreuses. Puis l’héroïne chemine via la Russie pour parvenir en Europe de l’Ouest. Un grand marché de consommation de l'héroïne s'établit en Asie centrale, à tel point que la région abrite le plus fort taux de toxicomanes à l'héroïne. (revenir en haut de la page)

Pour plus d'informations sur le trafic d'héroïne consultez l'article ci-après. (cliquez sur l'image)

trafic héro

 

3/ L’héroïne c’est quoi, ça agit comment ????

L’héroïne est un produit appartenant à la famille des opiacés. A partir de la plante pavot (papaver somniferum), on extrait de l’opium : une pâte au goût amer et qui contient plus de vingt alcaloïdes. On incise la capsule de pavot pour en récupérer la sève : un liquide blanc et opaque. Ce liquide se transforme au contact de l’air en une pâte, l’opium. L’opium brut, une fois transformée donne de la morphine (poudre blanche). C’est à partir de la morphine qu’est alors synthétisée l’héroïne. C’est un produit de demi-synthèse, qui se présente sous forme de poudre ou de petits granulés. On notera qu’un kilo d’opium permet en moyenne d’obtenir 100 grammes d’héroïne.

Après son absorption, l’héroïne est convertie par l’organisme en 6-acétylmorphine puis en morphine. La première étape prend quelques minutes et la seconde plusieurs heures. L’héroïne comme la morphine agissent en interférant avec les récepteurs aux opiacés, récepteurs naturels aux endorphines, enképhalines qui normalement préviennent et diminuent les sensations de douleurs. « Chaque Homme porte en lui sa dose d’opium naturel incessamment sécrétée et renouvelée » Charles Baudelaire. Les récepteurs opioïdes logent dans le cerveau, dans la moelle épinière ainsi que dans certains viscères. L’héroïne a donc un effet analgésique (anti-douleur) qui dure en moyenne de une à trois heures.

synapse

L’héroïne est un dépresseur du système nerveux central. Elle déprime le cervelet entraînant l’ataxie (difficultés à coordonner les mouvements). Par ailleurs, elle déprime les centres de régulation thermique avec une hypothermie. L’héroïne perturbe les capacités de réflexion, de mémorisation et d’attention, induit des troubles du sommeil et un état d’apathie (affaiblissement de l’initiative et de l’activité). Elle agit comme dépresseur de l’activité respiratoire et cardiovasculaire. Elle affaiblirait les défenses immunitaires. C’est un excellent antitussif (stoppe la toux) et anti-diarrhéique.

La consommation d’héroïne induit une dépendance physique. En effet l’organisme baisse sa production en endorphine et les récepteurs aux opiacés baissent leur sensibilité lorsqu’il y a consommation d’héroïne. Quand la personne arrête la prise d’héroïne, le corps ne produit plus d’endorphines (anti-douleurs naturels) et l'usager-e ressent alors des douleurs physiques intenses, sueurs comme il n’y a plus d’apport extérieur : c’est la crise de manque.

La prise d’héroïne induit un état euphorisant (sentiment de bien être, plaisir, satisfaction intense). Ce phénomène serait à l’origine de ce qu’on appelle la dépendance psychique.

Lorsque les prises d’héroïne sont régulières le corps met en place des stratégies de régulation : elles visent à empêcher une stimulation excessive des neurones qui risqueraient d’épuiser leurs capacités à répondre aux stimulations. L’usager-e est alors obligé-e d’augmenter les doses d’héroïne pour maintenir les effets un peu près constants. Une certaine tolérance au produit se met en place et les effets euphorisants s’estompent.

L’héroïne est un produit qui comporte une dose létale (quantité de produit au-delà de laquelle le risque est une intoxication, c’est l’overdose). L’overdose dépend du seuil de tolérance de chacun-e, de la concentration du produit en opiacés. Une surdose en héroïne provoque une dépression respiratoire pouvant entraîner un coma possiblement mortelle. (revenir en haut de la page)

 

4/ Modes de prises et effets …

Il est possible de sniffer, fumer (« chasser le dragon ») ou injecter l’héroïne. En sniffant, l’effet du produit apparaît au bout de quelques minutes, le temps de passer dans le sang. Les effets diminuent progressivement au bout de 1 à 2 heures en fonction du seuil de tolérance et disparaissent progressivement au bout de 4 à 6 heures.

Lorsqu’elle est fumée ou injectée, l’effet de l’héroïne est immédiat. Les usager-e-s parlent souvent d’un effet « flash » : sentiment d’euphorie intense.


Femme Trurque fumant de l'opium.

Quelque soit le mode de prise, une sensation de forte chaleur, de relaxation et de bien-être intense se diffuse à travers tout le corps. Il s’en suit généralement un état de somnolence, l’usager-e se sent mentalement et physiquement apaisé-e. Ces sensations peuvent se prolonger par un état de passivité ou entraîner un désir d’activité. La consommation d’héroïne est parfois accompagnée de nausées, vertiges (surtout lors de premières prises) ainsi que d’un ralentissement du rythme cardiaque et respiratoire.

Lorsque les effets de l’héroïne s’estompent, la période de sevrage ne tarde pas à débuter, de 6H à 12H après la dernière prise. Les symptômes de manque apparaissent : anxiété, agitation, crampes, nausées, chair de poule, insomnies…. pouvant aller jusqu’à l’hypertension et au délire paranoïde. Une grande partie de ces symptômes se résorbent progressivement en cinq à dix jours.

Lors d’un usage répété, le plaisir ressenti diminue, car les récepteurs opioïdes sont moins sensibles. Une certaine tolérance se développe au produit, ce qui implique une augmentation des doses pour maintenir les effets constants. (revenir en haut de la page)

 

5/ risques généraux et spécifiques

A/Principaux risques Liés au produits

Les deux principaux risques liés à l’héroïne sont les overdoses et la dépendance" physique et psychique".

  • Ce qu’on appelle couramment overdose est en fait une surdose, qui va entraîner une dépression respiratoire et éventuellement un coma voir la mort. Un-e individu qui fait une overdose est comme endormi-e, il/elle ne répond pas aux sollicitations verbales et physiques. Il / Elle a une respiration saccadée puis ralentie et un visage qui pâlit. Sa peau devient moite et bleuâtre (dû au manque d’oxygène dans le sang). Quelque soit le mode d’absorption (sniff, injection, fumée) et la quantité absorbée, le risque d’overdose existe.

Les cas d’overdose liés à l’héroïne (23 décès en 2004 – Source : Office Central de Répression du Trafic de Stupéfiants -Article accessible en cliquant) sont souvent liés à une héroïne de meilleure qualité que celle circulant habituellement ou à des associations de produits ( héroïne - alcool, héroïne - médocs).

  • L’héroïne peut entraîner une dépendance physique (état de manque) et psychique (quête du produit), lorsque l’usage se répète. Au plus l’usage est régulier, plus l’état de manque est sévère lors de l’arrêt. Quelque soit le mode de prise (sniff, injection, fumée), le risque de dépendance est le même. La dépendance physique peut être prise en charge par un traitement de substitution : subutex® ou méthadone.
    .
  • La prise d’héroïne peut engendrer des désordres gastro-intestinaux, une perte de poids, et une négligence des règles d’hygiène surtout dentaire. L’héroïne provoque un état de somnolence. Il n’est pas rare de s’endormir en fumant une cigarette, en lisant,… Si tu as pris de l héroïne, il est déconseillé de prendre le volant.
  • Il existe également des risques sociaux de type : repli sur soi-même, exclusion car chercher un produit illicite demande du temps et de l’argent.
  • Chez les femme, l'héroïne peut entraîner des règles irrégulières voire les stopper. Mais le cycle quant à lui fonctionne même si l'on n'a pas de règles. Pour les hommes, elle peut entraîner un retard d'éjaculation voire l'impossibilité de jouir.

« L’héroïne est très addictive, mais le produit seul ne cause aucune sérieuse maladie, n’abîme aucun organe ou tissu. » Docteur Ben Goldacre – Methadone and Heroin : An exercice in medical scepticism. L’héroïne pure est très peu toxique pour le cerveau ainsi que pour les organes vitaux. (Source Rapport Roques - 1998) Ce propos est à nuancer : car il ne circule quasiment pas d’héroïne pure, elle est très souvent coupée et les produits de coupes et les modes d’absorption ont des conséquences sanitaires.

 

B/ Risques spécifiques liés aux modes de prises

Comme dit précédemment, il existe des risques sanitaires liés au produit en lui-même à savoir l’héroïne. Mais il faut savoir que des risques spécifiques dus au mode d’absorption existent et ceci quel que soit le produit.

Si l’héroïne est injectée, il y a des risques spécifiques liés à l’injection:

Il peut y avoir :

  • détérioration du capital veineux : si la personne injecte dans le mauvais sens, en injectant à répétition, en réutilisant la seringue, ou encore à cause des produits de coupe
  • séquelles dermatologiques : inflammation, abcès sur les points d’injection
  • infections pulmonaires et infections cardio-vasculaires dû à l’injection de corps étrangers; Risques de "poussières" ( infection caractérisée par une forte fièvre)
  • contaminations VIH, Hépatite B et C, par le partage des seringues et du petit matériel d’injection.

Le VIH (sida) se transmet par le sang. C’est pour cela qu’il est important de ne pas partager les seringues.L’hépatite B se transmet par les sécrétions sexuelles et le sang.L’hépatite C se transmet par le sang. C’est un virus très résistant à l’air libre (plusieurs jours).

Pour éviter de contaminer ou d'être contaminé-e par les hépatites B et C, il est recommandé de ne partager ni la seringue, ni le petit matériel (cuillères, stérifilt® ou cotons, tampons d'alcool, garots, fioles d'eau stérile) avec qui que ce soit.

Nb : En France 50 à 70% des injecteurs/injectrices sont porteurs/ses de l’hépatite C, alors pense à te faire dépister !!!

Lorsque l’héroïne est sniffée, il y a des risques liés au sniff :

Il peut se produire :

  • dommages des voies respiratoires, muqueuses nasales, poumons
  • infections nasales dues à la présence de bactéries

Lorsque l’héroïne est fumée, il y a des risques liés au fait de fumer :

- Dommages des voies respiratoires et pulmonaires

(retour en haut de la page)

6/ Mélanges 

De manière générale, le fait de consommer plusieurs produits en même temps est plus risqué que d’en prendre un seul à la fois.

  • La conjugaison d’alcool et d’héroïne potentialise les effets de l’héroïne, et accroît les risques d’overdose.
  • Le mélange héroïne et médicaments (Rohypnol®, Darkene®, Valium®, Tranxene®,…) augmente considérablement le risque d’overdose.

De manière générale, la conjugaison de plusieurs dépresseurs du système nerveux central induit un risque accru d’overdose. L’alcool, l’héroïne, l’opium les médicaments de type benzodiazépines ou anxiolytiques, la kétamine sont des dépresseurs du système nerveux central.

  • Le mélange cocaïne – héroïne, aussi nommé" speed-ball" consiste à mélanger un excitant (cocaïne) et un dépresseur (héroïne). Les effets des substances se "contrebalancent" jusqu'à dissipation des effets de la cocaïne plus courts que ceux de l'héroïne. Ce type de mélange induit un risque d'overdose à l'héroïne plus important.
  • Le mélange consécutif d’héroïne, puis de buprénorphine (principe actif du subutex®) occasionne une crise de manque. En effet, la buprénorphine bloque les effets des autres opiacés (médicaments mophiniques ou codéinés, méthadone, ...) Après la prise d’héroïne, il est conseillé d’attendre 8 à 12H pour pouvoir prendre de la buprénorphine.
  • A l'inverse, le mélange consécutif buprénorphine puis héroïne atténue voir annule l’effet de l’héroïne.
  • Le mélange méthadone/héroïne, et ceci quel que soit l’ordre de prise des produits, entraîne une potentialisation des effets. Cela signifie que les effets psychotropes sont accentués et le risque d’overdose est également accru. (revenir en haut de la page)


7/ Conseils de réduction des risques

Le meilleur moyen de réduire les risques est évidemment de ne rien prendre.

Si tu consommes de l'héroïne, voici quelques conseils pour limiter les risques encourus. Certains conseils sont valables pour les autres substances psychoactives  :

  • Si tu prends un produit pour la première fois, prends une petite quantité, la moitié de ce que les habitués prennent, car tu ne sais pas comment tu vas réagir.
  • Si tu as l’habitude de prendre d'un produit et que tu viens juste de l'acheter, prends en une petite quantité. En effet d’une fois sur l’autre, la qualité et les effets du produit ne sont pas les mêmes. Cela permet de réduire les risques d’overdose.
  • Evite de consommer seul, car en cas de bad-trip ou overdose personne ne pourrait donner l’alerte.
  • Pense à manger avant et après la prise de produits. Evite de prendre des produits le ventre vide, car il y a des risques d’hypoglycémie. Pense à te réhydrater continuellement car tous les produits y compris l’alcool déshydratent.
  • Evite de consommer des produits quant tu as des fragilités physiques ou psychologiques. Evite de consommer de l’héroïne si tu as des troubles du rythme cardiaque, épilepsie, insuffisance rénale, certains troubles psychiatriques, hépatites.
  • Lors de l'absorption d'un produit, il est préférable de se laver les mains avant sa manipulation, pour réduire les risques infectieux. Ce geste simple est fortement recommandé pour l'injection par voie intraveineuse.
  • Sniffer, Fumer ou manger un produit sont des pratiques moins risquées que l’injection. En effet, il y a un risque infectieux plus important avec l’injection. Il est préférable de ne pas s’injecter pour limiter les prises de risques.

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  • Si tu injectes un produit, ne partage pas la seringue, ni le petit matériel (cuillères, stérifilt® ou cotons, tampons alcool, garots, fioles d'eau stérile) pour éviter les risques de contaminer ou d'être contaminé-e par le VIH, les hépatites B et C. Utilise du matériel stérile et à usage unique.
  • Pour diluer l'héroïne : utiliser de l'acide citique (disponible en pharmacie) plutôt que du jus de citon évite les bactéries et germes. Fixer le garrot au plus près du point d'injection permet de mieux visualiser la veine. Nettoyer la zone d'injection avec un tampon d'alcool, réduit les risques infectieux. Utiliser une crème cicatrisante participe à la préservation du capital veineux.
  • Pour filtrer un produit destiné à être injecté, les stérifilt® sont plus efficaces que le coton et retiennent moins de produits.

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  • Si tu sniffes (héroïne ou autre), écrase le produit le plus finement possible pour réduire les dommages des cloisons nasales. Utiliser un support propre, pour préparer la trace afin d'éviter les mélanges non voulus avec d'autres produits.
  • Se moucher avant la prise, et appliquer une crème cicatrisante après la prise préserve les fosses nasales. Enfoncer la paille profondément permet de préserver les parois nasales.
  • L'utilisation d'un papier propre pour faire une paille réduit les risques d'infections. Les billets de banques sont déconseillés.
  • Ne partage pas ta paille pour éviter les risques de contaminer ou d'être contaminé-e par l'hépatite C.

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  • .Evite de mélanger les substances psychoactives cela augmente les risques de surconsommation , de toxicité pour l'organisme et le cerveau, ainsi que les risques d'accidents.
  • Evite de mélanger l’héroïne avec d’autres dépresseurs (alcool, médocs, kéta) car ça accroît les risques d’overdose. Evite de mélanger des produits qui ont des effets antagonistes (héroïne/cocaïne) car cela accroît le risque d'overdose.
  • Lors d’une prise d’héroïne, il y a des risques d’endormissements, de « piquer du nez ». Evite les activités nécessitant une attention soutenue (conduite, …)
  • Lors d’une prise d’héroïne, si tu désire en reprendre juste après, il est conseiller d'espacer les prises pour réduire les risques d’overdose.
  • De manière générale espace les prises d’héroïne pour réduire les risques de dépendance.
  • Si tu es dépendant à l’héroïne, il existe des traitements de substitution : méthadone ou subutex®. Tu peux en parler à un médecin généraliste ou aller dans un CSST (Centre de soins spécialisés en toxicomanie).

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  • Sous l’effet de produits (licites ou illicites), on peut avoir tendance à oublier le préservatif lors des rapports sexuels. Penser à se protéger : préservatif + lubrifiant. Ni la prise de produits, ni le couple ne protègent du sida, des IST (infections sexuellement transmissibles). Toutes les substances psychoactives assèchent les muqueuses (vaginales ou autres), l’utilisation de lubrifiant est fortement recommandée pour un maximum de plaisir et éviter les risques de rupture de préservatif, les lésions sur le sexe… (revenir en haut de la page)

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